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Contrôle technique moto : les raisons de la colère

Publié par stage sur July 15, 2016
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Cette nouvelle mesure, annoncée par le Gouvernement pour le deuxième semestre 2017, suscite un vif mouvement de plusieurs associations de défense des motards. Auto Moto Deal fait le point sur cette réglementation et les critiques qu’elle soulève depuis plusieurs mois.

 

Que ce soit dans le Loiret ou par- tout en France, vous n’avez cer- tainement pas manqué le vif mouvement de protestation de la Fédération Française des Motards en Co- lère (FFMC), de la Fédération Française de Motocyclisme (FFM) et de l’association de défense des pratiquants de loisirs verts motorisés ou non (CODEVER), illustré par divers rassemblements pour protester contre la décision de mettre en place un contrôle technique moto. Avant de voir pourquoi cette nouvelle mesure suscite la polémique, essayons de faire la lumière sur ce que le Gouvernement a annoncé. Tout d’abord, les véhicules concernés seront les cyclomoteurs et plus de 50 cm³, soit tous les deux et trois-roues motorisés. Le contrôle technique sera ainsi obligatoire à compter du second semestre 2017. Il sera imposé uniquement dans le cadre de la revente d’un deux- roues ou d’un trois-roues motorisé d’occasion de plus de deux ans. Pour le Gouvernement, il s’agit d’une mesure de protection du consommateur en tant qu’acheteur qui désire acquérir une moto d’occasion sans risque. Il justifie de plus cette mesure par une protection également au sens physique, en tant qu’usager de la route, puisqu’il affirme que le nombre d’accidents lié à des problèmes mécaniques sur les motos pourrait ainsi diminuer.

Une influence réelle sur la sécurité routière ?

Du côté des associations de défense des motards, on n’est pas du tout du même avis ! On pointe même du doigt une mesure sans lien direct avec la sécurité routière. « Aucun rapport n’a encore clairement établi que l’accidentologie à moto est fortement liée à un problème technique ou à une défaillance technique. De plus, depuis 2010, nous assistons à une baisse de 3 % du nombre de motards tués sur les routes. Tel qu’il est présenté par le Gouvernement, ce contrôle technique n’a aucune influence sur la sécurité routière, sinon nous l’aurions évidemment mis en place depuis de nombreuses années ! », souligne Alexandre Baillavoine, coordinateur de la Fédération Française des Motards en Colère pour le Loiret. Quels éléments prévoit d’ailleurs de vérifier ce contrôle technique ? Pour le moment, cela reste encore un petit peu flou… On parle ainsi de différents points de contrôle comme le freinage, la vitesse, les émissions polluantes, la suspension, les pneus ou encore l’éclairage. Les modalités exactes du contrôle technique sont encore à définir. « Nous avons discuté avec différents centres de contrôle technique lors des manifestations à Orléans au mois d’avril. Ils se plieront à la réglementation et devront s’équiper en conséquence, ce qui représente de lourds frais. Mais eux-mêmes, ils ne savent pas vraiment encore ce qu’ils devront contrôler ! », ajoute-t-il.

Payer pour un contrôle que l’on peut effectuer seul ?

Un autre point d’accroche est à retrouver au niveau du prix de ce futur contrôle technique. Le Gouvernement a annoncé une fourchette de prix com- prise entre 50 et 70 euros, qui reste encore à confirmer. Alors que les motards ont déjà des frais pour l’entretien de leur véhicule, ce tarif semble passer difficilement… « Nous ne voyons pas en quoi l’État sou- haite protéger le consomma- teur avec cette mesure. Nous voyons cela juste comme une taxe supplémentaire à payer. Car, comment détecter un vice caché avec un contrôle technique ? Ce n’est pas possible avec le simple contrôle visuel annoncé et la moto pourra tout de même être vendue, quand bien même elle posséderait un vice caché », ajoute Alexandre Baillavoine. Les motards souhaitent de plus indiquer, qu’au contraire des automobilistes, ils entretiennent une relation différente avec leur véhicule. « Le motard entretient davantage sa machine. Il est tout à fait possible de contrôler soi-même beaucoup d’éléments de sa moto car toutes ces parties sont facilement accessibles, au contraire d’une voiture. Alors pourquoi payer 50 à 70 euros pour un contrôle visuel des éléments de sécurité que chaque motard un peu informé effectue gratuitement à longueur d’année ? », précise-t-il.

Vers un contrôle périodique comme pour les voitures ?

L’inquiétude guette également du côté des motards au sujet d’un hypothétique passage de ce contrôle technique moto en cas de revente à un contrôle périodique, à l’image des voitures (au bout de quatre ans pour un véhicule neuf et ensuite tous les deux ans). Dans les rangs du Gouvernement, on assure toutefois que, pour le moment, ce n’est pas à l’ordre du jour. Mais du côté des associations de défense des intérêts des motards, on se mobilise contre ce contrôle à la revente car on est persuadé qu’il est une première étape vers la mise en place future d’un contrôle régulier. « C’est une grande inquiétude de notre côté. Nous sommes contre cette mesure et le meilleur moyen d’éviter un potentiel contrôle périodique est de lutter dès aujourd’hui contre l’instauration de ce contrôle à la revente », ajoute Alexandre Baillavoine. Au-delà de ce sujet qui fait débat, la FFMC souhaite par ailleurs une vraie prise en charge de ses préconisations sur les sujets qu’elle  juge vraiment capitaux dans l’optique de l’amélioration de la sécurité routière. « Nous sensibilisons notamment les élus du Loiret sur des problématiques d’aménagement de voirie. Avec nos actions « Motard d’un jour », nous menons un travail de pédagogie en les amenant avec nous et en leur montrant notamment la dangerosité des poteaux en bord de route pour les motards en cas de chute. Et n’oublions pas non plus que le comportement des conducteurs et des pilotes est le principal facteur sur lequel nous pouvons tous jouer pour améliorer la sécurité de nos routes », conclut-il.

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